En regardant cette photo on peut s’imaginer Giusto et son ami Lucien quelque peu fiers de ce qu’ils viennent d’accomplir, comme suspendus au-dessus d’un abîme sombre et vertical de plus de 1000m et qui les a retenu plus de deux jours. Deux journées d’escalade extrême pour l’époque et surtout d’un engagement qui aujourd’hui me semblera sur-humain.

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A ce même sommet, sur les pas de ce grimpeur d’exception, les mots sont bien faibles pour exprimer notre admiration pour cet alpinisme des pionniers, talentueux et précurseurs. En se délestant des coinceurs et autres friends, le grimpeur « moderne » prend conscience qu’il a livré bataille accroché aux mêmes rochers, mais sûrement pas avec les mêmes armes!

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Mais l’aventure demeure, et la montagne qui s’avance dans cette nuit sans lune nous plonge dans une idée fantasmatique des hauteurs: le lieu est impressionnant, l’alpiniste peut-être de trop…

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Les presque 10 heures passées à se faufiler dans la muraille seront autant d’instants d’intense concentration et d’une escalade déroulée comme un murmure. Pas trop fort pour ne pas importuner les forces en présences et nous permettre de rejoindre le sommet et la lumière.

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On ne dira jamais assez la joie primitive de retrouver le soleil et l’ouverture sur l’horizon. Suivre l’arête qui nous mène habilement vers le sommet de l’Occidentale et sa descente mouvante nous ramène progressivement au monde des hommes.

De retour en bas, éreintés et comme saoulés par l’effort consenti, on aurait presque l’impression qu’au détour du sentier un grand et élégant grimpeur à l’accent italien nous taperait sur l’épaule avec un air un peu grave: alors, heureux?

Un grand merci à Olivier et son enthousiasme de tous les instants  pour avoir